Dès que l’enfant fut sous l’eau claire, le poisson lui parut plus
gros. Il avait des moustaches et sa voix, grave, portait loin :
- Bonjour, mon petit. Viens avec moi. Je sais qui peut répondre à tes
questions.
Naoki le suivit comme s’il avait, lui aussi, des nageoires …
A mesure qu’ils s’éloignaient tous deux du bord, l’enfant sentait
changer le décor autour d’eux. Il faisait sombre. L’eau devenait plus froide,
et le courant, plus fort. Bientôt, Naoki dut s’accrocher au poisson pour
pouvoir avancer encore.
- Je croyais que sous l’eau tout était calme et beau, chuchota-t-il
pour lui-même. Que l’on pouvait cueillir le corail en bouquets, jouer à
cache-cache dans les anémones, faire la ronde avec les étoiles de mer … et
trouver des trésors.
Son guide, silencieux, s’enfonça de plus belle dans la nuit
sous-marine.
Soudain, alors que sa monture s’élançait dans un tourbillon, Naoki fut
pris de panique. De toutes ses forces, il tira sur les nageoires du poisson,
l’obligeant à se cabrer, à ralentir … et s’arrêter.
- Où m’emmènes-tu ? Je n’ai plus envie de te suivre ! J’ai froid !
J’ai peur ! Je me sens loin de tout, ici ! S’il te plaît, fais demi-tour et
ramène-moi ! Mes parents me cherchent peut-être … Je veux les retrouver ! Vite
!
A ces mots, le poisson d’argent frétilla. Ses écailles lançaient des
éclairs de joie. Son échine, hérissée, se mit à onduler. Son corps à grandir et
grandir encore. Puis de belles pattes lui poussèrent, aux serres d’or bien
acérées.
- Accroche-toi ! rugit-il, devenu dragon.
Et d’un seul coup de queue, jaillissant de la mer, passant au-dessus
du volcan, le monstre déposa l’enfant, très délicatement, sur son rivage aimé.
- Adieu, mon grand, lâcha-t-il dans un jet de vapeur. Va, tu n’as plus
besoin de moi.
Naoki ne répondit pas. Sitôt atterri sur la plage, il se mit à courir,
courir, courir … comme un fou, vers sa maison. Lorsqu’il se retourna, le dragon
s’en était allé. Rien ne trahissait son passage, sans fracas ni dommages. Et la
mer était calme …
C’est un jour de printemps. Un jour de fête, plein d’enfants.
Koï Nobori, c’est aujourd’hui !
C’est maintenant !
Mille et une carpes de tissus flottent dans le ciel du village. Naoki
regarde la sienne, celle de Taro, son père, et celle d’Aki, sa mère, qui nagent
côte à côte, contre le vent du large, comme portées par une grande vague
d’amour …
Sourires, fous rires …
Naoki
a grandi !
Questions :
1. Te souviens-tu pourquoi Naoki s'était isolé sur son arbre avant de tomber dans l'eau ? Quelles questions se posaient-ils ? Retourne lire la partie précédente si tu ne te souviens pas et réponds à la question.
2. Qu'imaginait Naoki sous la mer ?
3. Finalement, Naoki veut-il vivre dans l'océan ?
4. En quel animal se transforme le gros poisson ?
5. Cherche le mot "koï nobori " sur Internet et explique ce que c'est.
6. A la fin de l'histoire, Naoki a changé. Que lui est-il arrivé ?
7. Sur les illustrations apparaît une montagne, ou plutôt un volcan. Comment s'appelle ce volcan japonais ? Nous en avons parlé en classe mais tu peux aussi chercher sur Internet.
Merci d'enregistrer vos réponses dans les commentaires et bon courage.